Stigmatisation, discriminations, contraintes économiques et manque de services adaptés continuent de limiter l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, au VIH et à la tuberculose pour de nombreux jeunes et populations vulnérables dans la capitale congolaise.
C’est ce que révèle un diagnostic genre réalisé dans le cadre du projet « Jeunes et DSSR » mis en œuvre par le Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ) avec la collaboration de Jeunialissime appuyé par Expertise France.
Menée dans les zones de santé de Maluku I, Biyela, Kalamu II et Selembao, l’étude a permis de recueillir les expériences et les perceptions des jeunes, des adolescentes, des parents, des prestataires de soins, des travailleuses du sexe et des personnes LGBTQ+, afin de mieux comprendre les inégalités de genre qui influencent l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, du VIH et de la tuberculose.

Des barrières multiples à l’accès aux soins
Les résultats mettent en évidence l’existence de nombreux obstacles qui fragilisent le parcours de soins des populations concernées. Les normes socioculturelles, les jugements moralisateurs, le manque de confidentialité, les ruptures de stocks de médicaments ainsi que les difficultés financières figurent parmi les principaux défis identifiés.
Les adolescentes apparaissent particulièrement exposées aux inégalités. Les grossesses précoces, le poids des tâches ménagères et les restrictions imposées par certaines normes familiales limitent leur autonomie et leur accès à l’information ainsi qu’aux services de santé.
De leur côté, les personnes LGBTQ+ et les travailleuses du sexe témoignent d’expériences de stigmatisation et de discrimination dans certaines structures sanitaires, les poussant parfois à renoncer aux soins ou à se tourner vers des centres considérés comme plus accueillants et plus respectueux.
Des avancées, mais des défis encore importants
Le diagnostic souligne néanmoins les efforts déjà consentis dans plusieurs établissements de santé, notamment à travers la disponibilité de services dédiés au VIH, aux infections sexuellement transmissibles et à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que le respect de la confidentialité dans certains centres.
Cependant, l’étude met en lumière l’insuffisance de formations spécifiques sur le genre et les populations clés, le manque de services psychosociaux adaptés et l’absence de mécanismes suffisamment efficaces pour lutter contre la stigmatisation.
Vers des services plus inclusifs et plus équitables
Pour améliorer la qualité des soins et garantir un accès équitable aux services, le rapport recommande notamment le renforcement des compétences des prestataires sur les questions de genre et de non-discrimination, la réduction des ruptures de stocks, la création d’espaces conviviaux pour les jeunes et les populations clés, ainsi que le renforcement du dialogue entre parents, leaders communautaires et adolescents.
À travers ce diagnostic, le projet « Jeunes et DSSR » réaffirme son engagement à promouvoir des services de santé plus inclusifs, respectueux et adaptés aux besoins des adolescents et des jeunes, afin que personne ne soit privé de soins en raison de son sexe, de son âge, de son orientation sexuelle ou de sa situation sociale.
MNK
